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vendredi 27 mai 2011

L'année 1995

L'année 1995 a été la suite des deux années antérieures où j'ai commencé à multiplier les marathons. J'ai continué à repousser mes limites tout en ayant beaucoup de plaisir, ce qui est l'ingrédient numéro un en course à pied.

Après un hiver d'entrainement, mon année 1995 a débuté avec le prestigieux marathon de Boston, le 17 avril. Je me sens en forme et je fais le premier demi en 1:36:30, soit sur une base de 3 heures 13. Malheureusement, je ne suis pas encore habitué à la température un peu plus chaude (17 C) et je paye la note. Je casse donc au 21ième mille. Me voici en action avec la casquette jaune dans les derniers milles:



Pour terminer dans ma moyenne soit 3:29:43:



En regardant mon carnet d'entrainement pour cette année 1995, j'ai eu la surprise de voir que j'avais fait 105 kilomètres dans la semaine suivant le marathon de Boston en incluant par contre la distance de ce dernier. C'est quand même 63 kilomètres dans la semaine du marathon. J'en conclus donc que la distance du marathon ne m'affectait plus beaucoup musculairement et que j'avais développé une grande capacité de récupération.

Le 7 mai, j'ai pris part au 10km de Loretteville avec mon ami handicapé visuel Jean Bouchard que je n'avais pas oublié. Mes années de coureur guide étaient déjà loin en arrière mais j'avais gardé un contact avec Jean. Par la suite, je suis allé à Baie St-Paul pour me tester plus sérieusement sur 10km. Nous étions alors le 21 mai, soit une semaine avant le marathon de Burlington. J'ai réalisé 40:52 et j'ai indiqué dans mon carnet que j'étais prêt pour Burlington. Ce fut effectivement le cas car j'ai parcouru ce marathon en 3:23:14 malgré une température oscillant entre 20 et 22 C.

Une semaine plus tard, le 3 juin, je me présente au 10km de la Descente Royale. À chaque année, je tentais de terminer sous les 40 minutes. Le pire cauchemar que je pouvais faire comme coureur était de manquer l'objectif par une seconde. Je l'ai vécu cette année-là en terminant en 40:00:




Le mois de juillet  a été marqué par différents petits voyages au Saguenay-Lac-St-Jean que je faisais en semaine avec mes amis Adrien Lachance, Roger Goulet et Serge Samson entre autres. Nous avons participé à des courses de 10 et 15km du circuit de course à pied de cette région ( 10km d'Alma, Tour du Lac Labrecque, 10km du Lac à la Croix ). J'ai donc pu oublier les marathons pour quelques semaines bien que la préparation continuait avec les longues sorties du dimanche, toujours faites au sein du club La Foulée. Fait inusité, le 19 juillet, nous étions au Lac Labrecque pour prendre part à un 15km. Suite à un avis de la Sûreté du Québec, les organisateurs ont du raccourcir la course à 10km compte tenu d'une prise d'otages qui se déroulait à un endroit du parcours.

En août, je reprends du service comme coureur guide pour Jean Bouchard aux championnats canadiens pour aveugles ( 11 et 12 août ). Et arrive le marathon de St-John au Nouveau-Brunswick ( 20 août ). J'y vais avec mes amis «multi-marathoniens» et je termine le marathon en 3:24:01:




Quoi de mieux, après le marathon, qu'une petite photo de groupe, la tradition ayant toujours été de porter le chandail du marathon qu'après avoir complété l'épreuve. De gauche à droite, Claude Trottier, François Drouin, Lorraine Lamontagne, Gilles Lamontagne et Serge Samson ( Roger Goulet devant être celui qui a pris la photo, Roger étant de tous ces marathons ):






En septembre, comme à l'habitude, je prends part au 10km de l'Université Laval reconnu pour être un parcours à performance. Cette fois-ci , je suis assez loin du 40 minutes ( 41:10). Le 17 septembre, j'ajoute un autre marathon avec Montréal. Je pars un peu trop rapidement et je dois ralentir à partir du 15ième kilomètre à cause du vent ( premier demi en 1heure 37 et deuxième en 1:49 ). Je termine donc en 3:26:55:






Comme depuis quelques années, notre ami Adrien Lachance continue d'organiser de beaux voyages en autocar pour aller courir des marathons. Pour l'année 1995, c'est de nouveau Washington pour le Marine Corps Marathon. Adrien est un organisateur de voyage hors pair et c'est un plaisir renouvelé à chaque année de prendre part à ses voyages. J'ai encore une fois apprécié ce marathon que je faisais pour la deuxième fois:


Le chrono final ressemblant un peu à ce que j'ai fait tout au long de l'année 1995:




Vous vous souvenez de mon avant-dernier billet où je vous ai parlé du plus petit marathon au monde. Cette expérience à Rockland Lake dans l'état de New York où nous étions seulement six coureurs. Eh bien ! Nous avons eu la «brillante idée» de retourner à cet endroit le 10 décembre 1995. Nous sommes parti la veille du marathon pour arriver en début de soirée. Malheureusement, encore une tempête de neige ! Cette fois-ci, nous n'avons pas eu le temps d'aller voir Larry à son domcile pour qu'il organise le marathon juste pour nous. Le dimanche matin, nous nous sommes présenté à la ligne de départ pour apprendre que le marathon était de nouveau reporté à la semaine suivante. Quelle déception de faire un voyage de 9 heures pour rien ! Nous avons fait un entrainement et nous avons bouclé les valises pour retourner à Québec. Par la suite, nous avons fait une croix sur ce marathon qui n'existe plus d'ailleurs aujourd'hui.

Une année 1995 qui s'est peut-être terminé en queue de poisson mais toute une année quand même. Beaucoup d'expériences enrichissantes, chaque course étant l'occasion de mieux se découvrir. Le tout partagé avec d'autres passionnés, quoi de mieux !

À suivre...










lundi 23 mai 2011

La suite de l'année 1994

J'ai consacré mon dernier billet ( Le plus petit marathon au monde ) à mon premier marathon de l'année 1994, soit celui de Rockland Lake, compte tenu de la particularité de cette expérience. Comment s'est déroulé le reste de cette année 1994 ?

Comme il faut croire que nous aimions les marathons d'hiver, après celui de Rockland Lake le 9 janvier 1994, nous avons enchainé avec le Hudson Mohawk Marathon le 27 février. Comme ce marathon est couru à Albany dans l'état de New York, il faut s'attendre à du temps froid. On ne s'attendait pas à avoir de la neige vu qu'il y en a moins qu'à Québec. Malheureusement, la fin de semaine du marathon, mère nature nous proposera une journée de poudrerie. Déjà que le parcours en boucles sur un campus universitaire n'était pas trop intéressant, j'ai trouvé le temps long sur ce marathon. La preuve, un temps de 3:44:00, ce qui était mauvais pour moi à l'époque mais qui pouvait s'excuser vu ces mauvaises conditions climatiques:


Sur une série de marathons comme je faisais dans ces années, j'étais satisfait d'un 3 heures 30 et très satisfait d'un 3 heures 15. Cependant, avec mes amis, il n'était jamais question de faire ces marathons d'une façon non compétitive à une minute au kilomètre plus lent que notre pace normal. Nous tentions toujours de faire le meilleur temps possible. Cependant, il est évident, qu'entre huit et onze marathons par année, mon corps finissait par me parler et que certaines performances étaient moins bonnes que d'autres. Mais j'étais heureux de vivre cette expérience de multi-marathonien et j'avais beaucoup de plaisir avec mes amis ( ceux que je vous ai présentés dans mon dernier billet ).

Le printemps arrive et j'ai l'occasion de courir le marathon de Boston en bandit sous le nom d'un coureur du club La Foulée comme je l'avais déjà fait à une reprise dans les années 80. Je peux donc ajouter un autre marathon à ma collection et pas le moindre. Le 18 avril, je revivrai encore l'atmosphère folle de «Beantown» et franchirai la ligne d'arrivée après 3:28:42. Voici un petit souvenir de cette participation:


Deux semaines plus tard, soit le 1er mai, nous nous rendons au Nouveau-Brunswick, plus précisément à Fredericton. Le jour du marathon, la pluie était abondante et au début mai, il ne fait pas encore chaud. Comme le départ du marathon n'était qu'à midi, je me souviens très bien que nous n'étions pas pressés de nous rendre au départ de la course et que nous sommes resté dans notre chambre de motel presque tout l'avant-midi. À midi, je prends le départ du marathon, bien habillé pour cette température «merdique», soit le lifa sous le singlet, la casquette et les gants. Le peleton est peu important, je dois donc me concentrer vu que les coureurs du marathon sont très distancés les uns des autres. Mon rythme est quand même bon et je m'en vais vers un 3 heures 20. À moins d'un kilomètre de la fin, pour une raison que j'ignore, il n'y a plus de bénévole à une intersection. J'hésite à savoir si je dois tourner à gauche ou continuer tout droit. Je continue tout droit. Je commence à trouver que la ligne d'arrivée est loin lorsque je regarde ma montre chronomètre. Et là, je me rends compte que j'ai pris la mauvaise décision à l'intersection. Je retourne sur mes pas très déçu en réalisant que j'ai fait ce voyage et que je me retrouve avec une distance d'à peu près 44 kilomètres. Je n'ai même plus le chrono officiel de cette compétition et c'est peut-être mieux ainsi. Mais voici une photographie que j'ai retrouvé dans mes archives personnelles:



Naturellement, je suis revenu à Québec très déçu. Mais j'ai pu effacer rapidement cette mauvaise expérience dès la fin du mois de mai à Burlington en enregistrant un beau 3:15:51 à un endroit où, cette fois-ci, l'organisation est impeccable:



Une semaine, plus tard, nous allons nous replacer les jambes au marathon de Charlo, Nouveau-Brunswick et je réussis à faire un temps de 3:30:07:




Il faut croire que l'expérience de Fredericton m'aura servi car à Charlo, nous courons seul. Cependant, même s'il y a peu de coureurs, les organisateurs, Alain Caron et son épouse Jeannita, sont très accueillants et chaleureux. Ce fut très agréable de faire ce marathon.

J'ai déjà six marathons complétés depuis le début de l'année. L'été commençait et nous avons du faire des efforts pour trouver un marathon d'été que nous n'avions jamais fait. Par bonheur, il y avait le marathon de Massey dans le nord de l'Ontario en juillet. J'en ai donc profité pour fermer mon bureau d'avocats quelques jours et partir avec Roger et Gilles. Ce fut un voyage de deux jours pour nous rendre à cet endroit. Nous nous sommes arrêtés à Sudbury pour visiter une mine. Quant au marathon, j'en ai un très bon souvenir quoique je ne retrouve plus mon résultat. Le départ de cette course se donnait à 6:00 A.M. afin d'éviter le plus possible la chaleur. Donc, nous avons profité d'un temps frais en plus d'un parcours magnifique le long d'une rivière. À l'arrivée, on nous remettait une médaille faite en bois:



Et à la cérémonie des prix, un beau porte-crayon sur une plaque commémorative:



De la classe quoi ! Au surplus, les gagnants dans leur catégorie se méritait un beau petit banc en bois. À voir mon ami Gilles Lamontagne à gauche avec une médaille autre que celle de bois, il a du repartir avec un petit banc. Nous avons fait beaucoup de farces par après avec ces fameux petits bancs

Le reste de l'été a été meublé de deux compétitions de dix kilomètres, soit Loretteville le 30 juillet en 42:55 et la Petite Patte au Lac St-Jean en 42:59, ainsi qu'une deuxième participation à la course à relais Québec-Montréal au mois d'août.

La saison d'automne commencera avec le marathon de Montréal en septembre que je complèterai en 3:21:31:






Le 11 septembre, j'enregistre aussi mon meilleur temps de l'année sur 10km à l'Université Laval ( 40:57 ). Je n'arrive plus à faire en bas de 40 minutes mais il faut dire que ma priorité était ailleurs.

Vient le plus beau mois de l'année pour courir, octobre. Je le commence à Portland, Maine, avec le marathon (3:28:12):




Pour le terminer à Atlantic City à l'occasion d'un voyage en autocar organisé par notre ami Adrien Lachance et où on a eu l'occasion de faire le tour des casinos:




Quelle année 1994 ! Je compte dix marathons pour cette année-là. Même si celà peut paraitre incroyable, celà n'a pas été si difficile. Le tout s'enchaînait naturellement parce que j'avais beaucoup de plaisir. Surtout, avec les amis qui m'accompagnaient. J'ai d'ailleurs, l'automne dernier, recommencé à m'entrainer avec eux. Ils sont, pour moi, des motivateurs hors pair. Bref, une année magnifique avec toutes sortes d'expériences, du plus petit marathon au monde à un marathon de 44 km. Une autre année que je ne peux oublier.

À suivre...









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jeudi 19 mai 2011

Le plus petit marathon au monde

Dans le dernier billet, je vous ai relaté l'année où j'ai commencé une nouvelle aventure, soit celle de courir de nombreux marathons dans une seule année. Je vous ai parlé du multi-marathonien et de l'expression «passion marathon». Je devrais plutôt vous parler de la folie du marathon. Aux États-Unis, un groupe exsite et il s'appelle «Marathon Maniac». Nous n'en faisions pas partie mais nous étions des vrais Marathons Maniacs.

En effet, nous avons terminé l'année 1993 avec le marathon de Détroit, le 17 octobre. Donc, pour des Marathons Maniacs, c'est beaucoup trop long d'attendre jusqu'au printemps suivant pour se mettre un maratahon sous la dent. Il faut en faire un et dans les meilleurs délais. L'internet n'existait pas vraiment à cette époque mais nous lisions les différentes revues de course à pied publiées aux États-Unis. Il nous fallait donc un marathon pas trop loin de Québec et au début de l'hiver pour que nous puissions continuer notre préparation en continue sur marathon. Un peu fou ! Vous avez raison.

Connaissez-vous Rockland Lake dans l'état de New-York ? Sûrement pas. Moi non plus d'ailleurs à l'automne 1993. J'ai appris de mes «amis» qu'il y avait un marathon à cet ndroit au début de janvier 1994, plus précisément le 9 janvier. Date parfaite pour les maniaques que nous étions. Quoi de mieux que de paufiner sa préparation marathon durant les Fêtes !

Donc, comme Rockland Lake est à environ 30 minutes avant d'arriver à New-York et que nous devions voyager en automobile, nous avons décidé de partir le vendredi 7 janvier au début de l'avant-midi. À mesure que nous descendions vers New-York, la neige se faisait plus abondante. Rien pour écrire à sa mère, nous sommes habitués à pire dans notre belle ville de Québec. Cependant, c'est un peu inquiétant pour les américains qui n'y sont pas habitués et qui ne sont pas chaussés en pneus d'hiver. Nous avons donc vu plusieurs véhicules dans les fossés et des véhicules ambulanciers. Mais nous avions hâte d'arriver à destination pour prendre un bon repas et se reposer.

Le lendemain matin, nous apprenons que le marathon est repoussé à la semaine suivante. Quelle déception après avoir fait ce long voyage. Notre ami Roger, qui se débrouille bien en anglais, nous propose de se rendre au domicile de l'organisateur pour que nous puissions aller s'enquérir en personne de la situation. Il ne fallait quand même pas rebrousser chemin sans faire quelques efforts. Le nom de cet organisateur était Larry Wolf. Ce qui est arrivé par la suite est tellement particulier que Larry en a parlé dans The Runaround Newsletter of the Rockland Road Runners, numéro de mars/avril 1994.

Il nous dit d'abord que le samedi 8 janvier, il reçoit le téléphone de deux coureurs irlandais, Peter Ferris et David King, qui venaient juste d'arriver en avion d'Irlande. Ces deux coureurs avaient comme objectif de faire deux marathons en deux semaines pour ramasser des fonds pour un organisme de charité. Ils prévoyaient faire le Disney marathon en Floride le 16 janvier et celui de Rockland Lake le 9. Naturellement, ils étaient très malheureux de la décision des organisateurs de reporter le marathon à la semaine suivante. Ils ont expliqué à Larry qu'en Europe, on ne reportait jamais les courses. Notre bon Larry a parlé avec son co-organisateur Ritchie et finalement, ils prirent la décision de tenir le marathon le 9 janvier uniquement pour nos deux amis irlandais.

Larry continue son récit et je traduis librement: à peine que j'étais dans la douche que mon fils est venu me dire que quatre étrangers étaient à notre porte. Je pensais qu'il voulait me faire marcher. Je n'ai pas pensé que c'était l'IRA parce que nous avions tout organisé avec les coureurs irlandais. Deux minutes plus tard, mon épouse Carol est monté à l'étage et m'a dit que Jeffrey ne me faisait pas marcher. Il y a quatre coureurs de Québec dans notre salon, m'a-t-elle dit. Fantastique, que je lui ai répondu.

Je me suis rapidement séché, me suis habillé et suis descendu. Il y avait quatre coureurs de Québec dans notre salle familiale, chacun étant complètement habillé en coureur avec les écussons de course sur eux ( race patches).J'ai poliment et simplement demandé: Pourquoi êtes-vous ici ? Où restez-vous ? Comment avez-vous fait pour trouver ma maison ?

Comme ils avaient conduit plus de cinq heures ( en fait presque neuf heures ) pour s'enregistrer pour la course ( nous n'étions pas pré-inscrits ), mon adresse étant sur le formulaire d'inscription, je n'avais pas le goût de leur dire que la course était reportée. J'ai appelé Ritchie de nouveau et je lui ai dit que nous avions quatre coureurs de plus pour la course de dimanche. Heureusement pour moi et ma famille, ils étaient dans un motel de Nyack pour la nuit. 

Nous avons rencontré notre groupe de six coureurs le lendemain matin à 8:00 A.M. La température était un «agréable» 8 degrées (F).

Nous leur avons donné leur numéro et installé une table d'eau et d'Exceed. J'ai regardé Ritchie et il m'a regardé et ensemble avons dit: je ne peux croire que je vais refaire celà et un autre marathon la semaine prochaine. Peu avant le départ, Larry a pris une photographie en nous disant que c'était le plus petit marathon au monde:




Comme c'est un miniscule peleton, j'en profite pour vous les présenter: de gauche à droite, Roger Goulet, Gilles Lamontagne, Claude Létourneau ( merci Claude pour la photo ), François Drouin, Peter Ferris et David King. De vrais maniaques.

Le parcours du marathon était simple: une route d'un mille faite aller-retour 13 fois. Même si nous n'étions pas sur l'asphalte, c'était bien gratté et la traction était bonne. Nous avons eu beaucoup de plaisir de faire ce marathon très spécial organisé presque pour nous seulement. Nous nous croisions souvent et le temps a passé rapidement même si nous étions chacun dans notre bulle. Je l'ai terminé en 3:29:44:



Comme prévu, le marathon a été tenu la semaine suivante et Larry et Ritchie ont eu la gentillesse d'incorporer nos résultats avec ceux des coureurs du 16 janvier. Avec les six coureurs du 9 janvier, 22 coureurs ont terminé le marathon. Claude a terminé deuxième au génréal en 3:17:46, Roger troisième en 3:19:42, j'ai terminéa 10ième au général et Gilles 12ième en 3:37:38.

L'année 1994 commençait donc en lion. Nous avons souvent reparlé de ce marathon entre nous et il en resté un souvenir impérissable. Nous avons surtout bien ri de notre aventure qui, finalement avait bien tourné. 

La suite de l'année 1994 dans mon prochain billet. Je n'attendrai pas une semaine.

vendredi 13 mai 2011

Passion marathon

L'année 1992 aura été une véritable déception en ce qui a trait au marathon (abandon au 5ième kilomètre du marathon de Boston et forfait au marathon de Keene vu une mauvaise périostite ). Cependant, l'année suivante sera le début d'une période où le marathon deviendra une véritable passion.

Que s'est-il passé  ? Depuis un an ou deux, mon ami Roger Goulet avait multiplié le nombre de marathons qu'il faisait à chaque année. En 1993, j'ai eu le goût de tenter cette aventure. Vous avez les marathoniens qui font habituellement une couple de marathons par année, soit un au printemps et un autre à l'automne. Il y a aussi les ultra-marathoniens qui font des distances de compétitions supérieures à 42.2km. Enfin, il existe une autre catégorie que je qualifierais de «multi-marathoniens», soit ceux qui font de nombreux marathons dans une année. Combien ? Suivez mon année 1993.

Elle commence, comme plusieurs années antérieures, par le traditionnel 15km de la Course des pichous à Chicoutimi. J'y réussis un temps de 58:59 ce qui annonce une bonne forme en début d'année:


Deux semaines plus tard, soit le 7 mars 1993, je suis au départ du marathon d'Hyannis à Cape Cod. Je me suis déjà rendu dans cette région en octobre 1990 pour le marathon de Falmouth. Le paysage y est moins beau en mars mais au moins, il n'y a plus de neige comme à Québec même si la température est assez fraiche. Le marathon est bien organisé et je le terminerai en 3:26:05:


Un mois plus tard, je fais le voyage à Boston et je prends part au marathon le 19 avril. Il y fait une chaleur à laquelle nous ne sommes pas habitués. Je terminerai très déshydraté en 3heures 55.  Je me sens tellement faible à l'arrivée que je demande d'être amené à la tente pour y être soigné. Une heure plus tard et après trois sacs de soluté, je ressors de la tente comme un neuf. Je serai en mesure de fêter dignement mon marathon et de prendre quelques bonnes bières froides avec mes amis. C'est la seule fois où j'ai eu à être réhydraté par soluté après un marathon et laissez moi vous dire que c'est très efficace.

Le 9 mai 1993, c'est le marathon d'Ottawa. Comme à Boston, il y fait encore très chaud. Je metterai cependant quinze minutes de moins à boucler ce marathon en terminant en 3:40:10:






Nous complèterons cette saison printanière avec le marathon de Burlington ou le Vermont City marathon tenu le 30 mai 1993. C'était la première fois que je participais à ce marathon et découvrais la ville de Burlington. J'en étais à mon quatrième marathon de l'année 1993 et plus j'en faisais, mieux je me sentais. Je retrouve même une note dans mon carnet d'entrainement disant «fort à partir du 18ième mille», ce qui est habituellement très rare sur marathon. Le résultat fut un temps de 3:30:28:



L'été commence et nous sommes un peu en peine car il n'y a plus de marathons à se mettre sous la dent avant l'automne. Un de nos «amis» fait quelques recherches et il débusque un petit marathon en Nouvelle-Écosse au mois de juillet, plus précisément le 25 juillet. Il s'agit du marathon de Barrington. Cependant, c'est tout un voyage pour se rendre à cet endroit. Nous partons quelques jours avant pour aller prendre le traversier de Saint-John, Nouveau-Brunswick. Le jour de la course, nous nous retrouvons 58 coureurs sur la ligne de départ, soit 21 coureurs pour le marathon et 37 pour le demi-marathon:



Comme les marathoniens se retrouvent rapidement seuls sur le parcours, je passe un pacte avec mon ami Gilles Lamontagne. Nous restons ensemble et nous finissons ensemble. En bons compétiteurs que nous étions, il s'agissait de quelque chose de «spécial». Nous avons respecté notre entente jusqu'à la fin tout en ayant bien du plaisir à partager ce marathon de cette manière:



Temps final: 3:28:07, soit 10ième sur 21:



Au retour à Québec, il faut continuer à se préparer pour les marathons d'automne. En fait, parler de préparation est un euphémisme car nous sommes toujours prêts. Après un 10 km à Loretteville le 31 juillet en 43:20, je prends part, les 14 et 15 août, à la course à relais Montréal-Québec où j'ai dû faire une distance de 29km en tranches de quatre relais sur une période de 24 heures. Me voici en attente de mon dernier relais à St-Augustin, près de Québec,  après une nuit sans sommeil:



Je semble avoir encore bien du plaisir et c'était le cas. Ces courses à relais sur 24 heures furent de belles expériences autant athlétiques qu'humaines.

Le 19 septembre, je prends ma revanche sur l'année antérieure où je n'ai pu me rendre à Keene pour cause de blessure. Cette fois-ci, je suis loin d'être blessé. J'y amène mon ami handicapé visuel Jean Bouchard et je cours la distance avec lui en 3:40:14.

Six marathons complétés et l'année n'est pas terminée. Viens le mois d'octobre, un des plus beaux mois pour courir le marathon. Nous le commençons par le marathon de Portland, Maine, le 3 octobre. Ce marathon, avec mon meilleur à vie en 1988 (2:59:32), est un où j'ai eu les meilleures sensations. J'ai fait la deuxième moitié plus rapidement que la première, ce qui est très rare encore une fois. J'ai noté dans mon carnet d'entrainement que j'étais très fort même dans les côtes. Je me souviens même qu'un grand coureur américain que j'ai dépassé m'a encouragé dans les derniers milles tellement je suis passé rapidement à côté de lui. J'ai souvent visualisé ce marathon dans ma préparation mentale au marathon dans les années suivantes. Résultat: 3:16:53 pour mon septième marathon de l'année 1993:




Enfin, l'année se terminera par un beau voyage en autocar à Détroit organisé par notre «ami» Adrien Lachance. Le marathon de Détroit eut lieu le 17 octobre, soit seulement deux semaines après Portland. À la fin de cette année, j'en étais rendu à récupérer très rapidement, mes jambes étant habituées à couvrir la distance de 42.2km. Cette fois-ci, je compétionnerai un peu avec mon ami Gilles Lamontagne:




Et je terminerai en 3:17:11, soit seulement dix-huit secondes de plus qu'à Portland:




En conclusion, si l'année 1992 fut qualifiée de «Déception marathon», je peux dire que je me suis drôlement bien repris l'année suivante. Je qualifie l'année 1993 de «Passion marathon» car j'ai débuté une période de «multi-marathonien» où j'ai approfondi l'expérience magnifique du marathon d'un autre angle. J'ai découvert que mon corps était beaucoup plus fort que je le pensais et que je pouvais pousser mes limites beaucoup plus loin.

À suivre...



mercredi 4 mai 2011

Déception marathon

Après une belle année 1991 qui suivait une année où j'étais revenu d'une blessure importante au tendon d'Achille, l'année 1992 sera vraiment plus décevante côté marathon. Les années se suivent et ne se ressemblent pas toujours dans une vie de coureur.

Mon carnet d'entrainement pour l'année 1992 indique d'abord que j'ai fait plusieurs entrainements avec mon ami handicapé visuel Jean Bouchard durant les mois d'hiver. Naturellement, je faisais toujours partie du club La Foulée et je continuais à prendre part à leurs différents entrainements le dimanche matin pour les longues sorties, le mercredi à 17:30 heures sur les Plaines d'Abraham et le vendredi soir sur la piste intérieure du PEPS de l'Université Laval. J'étais très assidu à ces entrainements comme par les années antérieures.

La première compétition de l'année fut le 10km du Carnaval le 9 février 1992 où j'ai complété le parcours en 41:41. Treize jours plus tard, le 22 février 1992, je guidais mon ami Jeannot à la Course des Pichous de Chicoutimi ( 15km en 63.22 ). Donc, deux belles courses d'hiver en plein février pour bien partir la saison de compétitions.

Mon objectif principal de ma préparation d'hiver était le marathon de Boston tenu le 20 avril 1992. Comme à l'habitude, j'accumulerai les kilomètres nécessaires pour être bien préparé. Je me rends donc à Boston avec mes amis. Cette année-là, nous avions commencé à prendre un breuvage énergétique que l'on trouvait en pharmacie et qui s'appelait «Carbo». J'ai donc fait ma provision de «Carbos» en vue du marathon de Boston. Malheureusement, le dimanche précédant le marathon, le carbo que j'ai pris dans l'après-midi a mal passé avec le repas de pâtes servi par l'organisation du marathon. Le matin du marathon, je me suis levé avec des nausées importantes. J'ai pris l'autobus pour Hopkington mais j'ai été malade en arrivant à cet endroit. J'ai retardé mon départ à la dernière minute. Au bout de 5 kilomètres, j'ai dû me rendre à l'évidence. J'étais tellement faible que j'ai préféré abandonner. J'ai fait le reste du marathon en autobus jusqu'à Boston. Toute une «run» de lait. Je peux vous dire que suis rentré à Québec la tête entre les deux jambes. C'est l'unique fois où je n'ai pas complété un marathon. Je n'étais pourtant plus un débutant à cette époque mais cette erreur d'alimentation m'a bien servi de leçon pour tous mes marathons subséquents. Donc, première déception côté marathon.

Je me remets immédiatement à l'entrainement n'ayant pas à prendre de période de repos post-marathon. Ma compétition suivante sera uniquement le 27 mai 1992 sur les Plaines d'Abraham pour un 5km se dénommant la Ballade des fonctionnaires. J'y ferai un temps de 19:44, ce qui était fort satisfaisant compte tenu des nombreuses côtes du parcours.

Le forme était donc toujours bonne ce qui augurait bien pour mon marathon d'automne. J'irai donc me tester sur 10km le 6 juin 1992 à la Descente Royale. J'attendrai mon objectif de terminer sous les 40 minutes avec un temps de 39:27:



Le mois de juillet sera lui aussi très prometteur. Tout d'abord, je ferai un petit voyage à Alma le mardi 7 juillet 1992 pour le 10km du Festirame. Un autre chrono sous les 40 minutes, soit 39:15. Par la suite, le test pour mon marathon de septembre sera, comme à l'habitude, le demi-marathon de Loretteville où je passerai sous la barrière des 90 minutes en terminant en 1:27:40:


Tout est donc en place pour que je puisse venger ma déconvenue du mois d'avril au marathon de Boston. Dans la fin de semaine du 31 juillet, je guide d'abord Jean Bouchard aux championnats canadiens pour aveugles. Jean réalisera, entre autres, 19:48 sur 5 000 mètres. Je continue ma préparation en vue du marathon de Keene,  New Hampshire, tenu en septembre et auquel j'ai pris part en 1991. Cependant, mon mois d'août sera difficile. Je lis dans mon carnet d'entrainement que j'ai les jambes lourdes. Le 16 août, je dois prendre une journée de repos pour une périostite.

Je ne prends pas gare. Le 6 septembre, à trois semaines du marathon de Keene, j'effectue un 30 kilomètres sur la piste de 1,4km face au Musée sur les Plaines d'Abraham. La périostite est moins sensible. Deux jours plus tard, elle deviendra très sensible, à tel point qu'après un autre entrainement de 30 kilomètres le dimanche 13 septembre, je prendrai sept jours de repos en ligne dans l'espoir de sauver mon marathon de Keene auquel je m'étais inscrit. Finalement, le 22 septembre, après un essai d'un kilomètre, la douleur est trop vive et je décide d'annuler ma participation au marathon de Keene. J'indique même dans mon carnet d'entrainement «à l'année prochaine«. Deuxième déception côté marathon.

Mes compétitions sont alors terminées pour l'année 1992. Je  continuerai de m'entrainer au club Nautilus sur des appareils Lifestep, des bicyclettes stationnaires et des avirons, question d'entretenir mon cardio sans qu'il y ait d'impact sur ma jambe blessée. Je reviendrai graduellement à la course à pied en octobre tout en continuant d'aller au club Nautilus. En novembre, je serai de retour avec le club La Foulée.

Cette année 1992 fut donc difficile et décevante pour le marathonien que je suis. Cependant, il est dans l'ordre des choses de connaître une saison difficile sur un long parcours comme coureur sur route. Les blessures nous guettent et parfois nous surestimons nos capacités. Nous commettons des erreurs qui nous permettent d'apprendre. C'est le côté positif que nous pouvons retenir.

À suivre...