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mercredi 4 mai 2011

Déception marathon

Après une belle année 1991 qui suivait une année où j'étais revenu d'une blessure importante au tendon d'Achille, l'année 1992 sera vraiment plus décevante côté marathon. Les années se suivent et ne se ressemblent pas toujours dans une vie de coureur.

Mon carnet d'entrainement pour l'année 1992 indique d'abord que j'ai fait plusieurs entrainements avec mon ami handicapé visuel Jean Bouchard durant les mois d'hiver. Naturellement, je faisais toujours partie du club La Foulée et je continuais à prendre part à leurs différents entrainements le dimanche matin pour les longues sorties, le mercredi à 17:30 heures sur les Plaines d'Abraham et le vendredi soir sur la piste intérieure du PEPS de l'Université Laval. J'étais très assidu à ces entrainements comme par les années antérieures.

La première compétition de l'année fut le 10km du Carnaval le 9 février 1992 où j'ai complété le parcours en 41:41. Treize jours plus tard, le 22 février 1992, je guidais mon ami Jeannot à la Course des Pichous de Chicoutimi ( 15km en 63.22 ). Donc, deux belles courses d'hiver en plein février pour bien partir la saison de compétitions.

Mon objectif principal de ma préparation d'hiver était le marathon de Boston tenu le 20 avril 1992. Comme à l'habitude, j'accumulerai les kilomètres nécessaires pour être bien préparé. Je me rends donc à Boston avec mes amis. Cette année-là, nous avions commencé à prendre un breuvage énergétique que l'on trouvait en pharmacie et qui s'appelait «Carbo». J'ai donc fait ma provision de «Carbos» en vue du marathon de Boston. Malheureusement, le dimanche précédant le marathon, le carbo que j'ai pris dans l'après-midi a mal passé avec le repas de pâtes servi par l'organisation du marathon. Le matin du marathon, je me suis levé avec des nausées importantes. J'ai pris l'autobus pour Hopkington mais j'ai été malade en arrivant à cet endroit. J'ai retardé mon départ à la dernière minute. Au bout de 5 kilomètres, j'ai dû me rendre à l'évidence. J'étais tellement faible que j'ai préféré abandonner. J'ai fait le reste du marathon en autobus jusqu'à Boston. Toute une «run» de lait. Je peux vous dire que suis rentré à Québec la tête entre les deux jambes. C'est l'unique fois où je n'ai pas complété un marathon. Je n'étais pourtant plus un débutant à cette époque mais cette erreur d'alimentation m'a bien servi de leçon pour tous mes marathons subséquents. Donc, première déception côté marathon.

Je me remets immédiatement à l'entrainement n'ayant pas à prendre de période de repos post-marathon. Ma compétition suivante sera uniquement le 27 mai 1992 sur les Plaines d'Abraham pour un 5km se dénommant la Ballade des fonctionnaires. J'y ferai un temps de 19:44, ce qui était fort satisfaisant compte tenu des nombreuses côtes du parcours.

Le forme était donc toujours bonne ce qui augurait bien pour mon marathon d'automne. J'irai donc me tester sur 10km le 6 juin 1992 à la Descente Royale. J'attendrai mon objectif de terminer sous les 40 minutes avec un temps de 39:27:



Le mois de juillet sera lui aussi très prometteur. Tout d'abord, je ferai un petit voyage à Alma le mardi 7 juillet 1992 pour le 10km du Festirame. Un autre chrono sous les 40 minutes, soit 39:15. Par la suite, le test pour mon marathon de septembre sera, comme à l'habitude, le demi-marathon de Loretteville où je passerai sous la barrière des 90 minutes en terminant en 1:27:40:


Tout est donc en place pour que je puisse venger ma déconvenue du mois d'avril au marathon de Boston. Dans la fin de semaine du 31 juillet, je guide d'abord Jean Bouchard aux championnats canadiens pour aveugles. Jean réalisera, entre autres, 19:48 sur 5 000 mètres. Je continue ma préparation en vue du marathon de Keene,  New Hampshire, tenu en septembre et auquel j'ai pris part en 1991. Cependant, mon mois d'août sera difficile. Je lis dans mon carnet d'entrainement que j'ai les jambes lourdes. Le 16 août, je dois prendre une journée de repos pour une périostite.

Je ne prends pas gare. Le 6 septembre, à trois semaines du marathon de Keene, j'effectue un 30 kilomètres sur la piste de 1,4km face au Musée sur les Plaines d'Abraham. La périostite est moins sensible. Deux jours plus tard, elle deviendra très sensible, à tel point qu'après un autre entrainement de 30 kilomètres le dimanche 13 septembre, je prendrai sept jours de repos en ligne dans l'espoir de sauver mon marathon de Keene auquel je m'étais inscrit. Finalement, le 22 septembre, après un essai d'un kilomètre, la douleur est trop vive et je décide d'annuler ma participation au marathon de Keene. J'indique même dans mon carnet d'entrainement «à l'année prochaine«. Deuxième déception côté marathon.

Mes compétitions sont alors terminées pour l'année 1992. Je  continuerai de m'entrainer au club Nautilus sur des appareils Lifestep, des bicyclettes stationnaires et des avirons, question d'entretenir mon cardio sans qu'il y ait d'impact sur ma jambe blessée. Je reviendrai graduellement à la course à pied en octobre tout en continuant d'aller au club Nautilus. En novembre, je serai de retour avec le club La Foulée.

Cette année 1992 fut donc difficile et décevante pour le marathonien que je suis. Cependant, il est dans l'ordre des choses de connaître une saison difficile sur un long parcours comme coureur sur route. Les blessures nous guettent et parfois nous surestimons nos capacités. Nous commettons des erreurs qui nous permettent d'apprendre. C'est le côté positif que nous pouvons retenir.

À suivre...






2 commentaires:

  1. Tant de misère pour arriver au marathon de Boston et souffrir d'une indigestion alimentaire, quel malheur. J'espère que tu as pu te reprendre et faire Boston en meilleure santé.

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  2. Oui Luc. J'ai refait Boston comme tu pourras voir dans mes prochains billets.

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