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jeudi 19 mai 2011

Le plus petit marathon au monde

Dans le dernier billet, je vous ai relaté l'année où j'ai commencé une nouvelle aventure, soit celle de courir de nombreux marathons dans une seule année. Je vous ai parlé du multi-marathonien et de l'expression «passion marathon». Je devrais plutôt vous parler de la folie du marathon. Aux États-Unis, un groupe exsite et il s'appelle «Marathon Maniac». Nous n'en faisions pas partie mais nous étions des vrais Marathons Maniacs.

En effet, nous avons terminé l'année 1993 avec le marathon de Détroit, le 17 octobre. Donc, pour des Marathons Maniacs, c'est beaucoup trop long d'attendre jusqu'au printemps suivant pour se mettre un maratahon sous la dent. Il faut en faire un et dans les meilleurs délais. L'internet n'existait pas vraiment à cette époque mais nous lisions les différentes revues de course à pied publiées aux États-Unis. Il nous fallait donc un marathon pas trop loin de Québec et au début de l'hiver pour que nous puissions continuer notre préparation en continue sur marathon. Un peu fou ! Vous avez raison.

Connaissez-vous Rockland Lake dans l'état de New-York ? Sûrement pas. Moi non plus d'ailleurs à l'automne 1993. J'ai appris de mes «amis» qu'il y avait un marathon à cet ndroit au début de janvier 1994, plus précisément le 9 janvier. Date parfaite pour les maniaques que nous étions. Quoi de mieux que de paufiner sa préparation marathon durant les Fêtes !

Donc, comme Rockland Lake est à environ 30 minutes avant d'arriver à New-York et que nous devions voyager en automobile, nous avons décidé de partir le vendredi 7 janvier au début de l'avant-midi. À mesure que nous descendions vers New-York, la neige se faisait plus abondante. Rien pour écrire à sa mère, nous sommes habitués à pire dans notre belle ville de Québec. Cependant, c'est un peu inquiétant pour les américains qui n'y sont pas habitués et qui ne sont pas chaussés en pneus d'hiver. Nous avons donc vu plusieurs véhicules dans les fossés et des véhicules ambulanciers. Mais nous avions hâte d'arriver à destination pour prendre un bon repas et se reposer.

Le lendemain matin, nous apprenons que le marathon est repoussé à la semaine suivante. Quelle déception après avoir fait ce long voyage. Notre ami Roger, qui se débrouille bien en anglais, nous propose de se rendre au domicile de l'organisateur pour que nous puissions aller s'enquérir en personne de la situation. Il ne fallait quand même pas rebrousser chemin sans faire quelques efforts. Le nom de cet organisateur était Larry Wolf. Ce qui est arrivé par la suite est tellement particulier que Larry en a parlé dans The Runaround Newsletter of the Rockland Road Runners, numéro de mars/avril 1994.

Il nous dit d'abord que le samedi 8 janvier, il reçoit le téléphone de deux coureurs irlandais, Peter Ferris et David King, qui venaient juste d'arriver en avion d'Irlande. Ces deux coureurs avaient comme objectif de faire deux marathons en deux semaines pour ramasser des fonds pour un organisme de charité. Ils prévoyaient faire le Disney marathon en Floride le 16 janvier et celui de Rockland Lake le 9. Naturellement, ils étaient très malheureux de la décision des organisateurs de reporter le marathon à la semaine suivante. Ils ont expliqué à Larry qu'en Europe, on ne reportait jamais les courses. Notre bon Larry a parlé avec son co-organisateur Ritchie et finalement, ils prirent la décision de tenir le marathon le 9 janvier uniquement pour nos deux amis irlandais.

Larry continue son récit et je traduis librement: à peine que j'étais dans la douche que mon fils est venu me dire que quatre étrangers étaient à notre porte. Je pensais qu'il voulait me faire marcher. Je n'ai pas pensé que c'était l'IRA parce que nous avions tout organisé avec les coureurs irlandais. Deux minutes plus tard, mon épouse Carol est monté à l'étage et m'a dit que Jeffrey ne me faisait pas marcher. Il y a quatre coureurs de Québec dans notre salon, m'a-t-elle dit. Fantastique, que je lui ai répondu.

Je me suis rapidement séché, me suis habillé et suis descendu. Il y avait quatre coureurs de Québec dans notre salle familiale, chacun étant complètement habillé en coureur avec les écussons de course sur eux ( race patches).J'ai poliment et simplement demandé: Pourquoi êtes-vous ici ? Où restez-vous ? Comment avez-vous fait pour trouver ma maison ?

Comme ils avaient conduit plus de cinq heures ( en fait presque neuf heures ) pour s'enregistrer pour la course ( nous n'étions pas pré-inscrits ), mon adresse étant sur le formulaire d'inscription, je n'avais pas le goût de leur dire que la course était reportée. J'ai appelé Ritchie de nouveau et je lui ai dit que nous avions quatre coureurs de plus pour la course de dimanche. Heureusement pour moi et ma famille, ils étaient dans un motel de Nyack pour la nuit. 

Nous avons rencontré notre groupe de six coureurs le lendemain matin à 8:00 A.M. La température était un «agréable» 8 degrées (F).

Nous leur avons donné leur numéro et installé une table d'eau et d'Exceed. J'ai regardé Ritchie et il m'a regardé et ensemble avons dit: je ne peux croire que je vais refaire celà et un autre marathon la semaine prochaine. Peu avant le départ, Larry a pris une photographie en nous disant que c'était le plus petit marathon au monde:




Comme c'est un miniscule peleton, j'en profite pour vous les présenter: de gauche à droite, Roger Goulet, Gilles Lamontagne, Claude Létourneau ( merci Claude pour la photo ), François Drouin, Peter Ferris et David King. De vrais maniaques.

Le parcours du marathon était simple: une route d'un mille faite aller-retour 13 fois. Même si nous n'étions pas sur l'asphalte, c'était bien gratté et la traction était bonne. Nous avons eu beaucoup de plaisir de faire ce marathon très spécial organisé presque pour nous seulement. Nous nous croisions souvent et le temps a passé rapidement même si nous étions chacun dans notre bulle. Je l'ai terminé en 3:29:44:



Comme prévu, le marathon a été tenu la semaine suivante et Larry et Ritchie ont eu la gentillesse d'incorporer nos résultats avec ceux des coureurs du 16 janvier. Avec les six coureurs du 9 janvier, 22 coureurs ont terminé le marathon. Claude a terminé deuxième au génréal en 3:17:46, Roger troisième en 3:19:42, j'ai terminéa 10ième au général et Gilles 12ième en 3:37:38.

L'année 1994 commençait donc en lion. Nous avons souvent reparlé de ce marathon entre nous et il en resté un souvenir impérissable. Nous avons surtout bien ri de notre aventure qui, finalement avait bien tourné. 

La suite de l'année 1994 dans mon prochain billet. Je n'attendrai pas une semaine.

1 commentaire:

  1. Elle est bien bonne celle-là. Mais pour faire un marathon un 9 janvier, tu avais bien conservé la forme pendant les Fêtes.

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