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vendredi 29 avril 2011

De nouveaux marathons américains

L'année 1990 s'est terminé par un marathon que nous n'avions jamais fait aux États-Unis, le Cape Cod Marathon. L'année 1991 me permettra de découvrir deux nouveaux marathons chez l'oncle Sam. Mais avant d'en parler, voyons comment cette année a commencé.

Je n'ai malheureusement pas mon carnet d'entrainement pour cette année 1991. Cependant, j'ai fait mon entrainement d'hiver au sein du club La Foulée comme par les années antérieures. Bien que je n'étais plus à mon sommet comme en 1988, je continuais à participer aux entrainements d'intervalles du club le vendredi soir, les sorties du mercredi soir et les longues sorties du dimanche. C'était un entrainement complet sous la gouverne de Jacques Mainguy et avec la complicité de mes amis de peleton. En fait, ces derniers étaient devenus beaucoup plus importants pour moi que le coach du club. Les liens, nous les tissions au sein du peleton dans lequel nous nous trouvions le dimanche matin. Pour moi, c'était le peleton à 4:45/km, soit le deuxième plus rapide du club. Jacques Mainguy, ex-marathonien avec un PB de 2 heures 26, courait au sein du premier peleton. Il supervisait personnellement les «élites» du club et donnait un programme général aux autres. Donc, mes références étaient les vétérans que j'essayais de dépasser dans les compétitions comme Roger Goulet, Gilles Lamontagne, Claude Létourneau et compagnie. Et laissez-moi vous dire que j'avais de quoi me motiver car ils étaient presque toujours devant moi dans les marathons.

Sur 10km, l'objectif était toujours de courir sous les 4 minutes au kilomètre. Au début mai, je manquai d'assez loin le but avec un 41:30 à Baie St-Paul. Mais le 1er juin 1991, je réussis à passer sous les 40 minutes en terminant la Descente Royale à Beauport en 39:43:


Les 10 km en bas de 40 minutes étaient toujours pour moi très satisfaisants. J'ai donc continué mon entrainement d'été sous cet air d'aller, toujours en préparation d'un marathon en septembre. De nouveau, le test était à la fin juillet avec le demi-marathon de Loretteville, anciennement appelé demi-marathon Phil Latulippe. Je peux voir de mon certificat que j'ai gardé la même forme qu'en juin en terminant sous les 1 heure 30 minutes:



Je me sentais donc prêt pour l'automne. Côté marathon, nous commencions à être déçus de l'organisation à Montréal. Le marathon de Montréal avait connu son âge d'or dans les années 80 avec des peletons d'environ 10 000 coureurs sur le pont Jacques-Cartier qui s'élançaient tous sur 42.2 km. Serge Arseneault en était alors l'organisateur. Lorsque Monsieur Arseneault a abandonné l'organisation, le marathon n'a jamais été le même par la suite. Mon ami Roger Goulet m'avait parlé d'un petit marathon à Keene, New Hampshire, le Clarence De Mar Marathon,  Il s'agissait d'un plus petit marathon en ce qui a trait au peleton mais je me suis laissé tenté parce que le marathon de Montréal était moins intéressant. Au surplus, j'avais apprécié le voyage à Cape Cop à la fin octobre 1990 et je voulais renouveler l'expérience de ces voyages aux États-Unis en petits groupes d'amis marathoniens.

Donc, le 21 septembre 1991, nous nous dirigeons vers Keene, belle petite ville du New Hampshire. Notre ami Roger Goulet nous avait trouvé des chambres dans un motel des environs et nous partagions les chambres à quatre coureurs, ce qui était intéressant pour le coût du voyage. Voici une photographie de notre petit groupe au motel où nous nous trouvions, Roger Goulet se trouvant à l'extrême droite:




J'ai bien aimé l'organisation de ce marathon ainsi que le parcours qui me faisait découvrir un nouvel endroit. Comme j'étais en bonne forme, j'ai réalisé un honnête 3:17:17:





L'année 1991 n'allait pas se terminer ainsi. Nous avions un beau vogage en autocar qui était organisé pour le Marine Corps Marathon à Washington. Le marathon était prévu pour le 3 novembre 1991, ce qui me laissait plus d'un mois pour me préparer. J'ai continué à faire de bons entrainements, le temps frais du mois octobre aidant. Je devais en avoir encore sous la semelle car j'ai réalisé à Washington, mon quatrième meilleur temps à vie, soit 3:10:06:


Naturellement, la ville de Washington ayant de nombreux attraits, nous avons joué les touristes avant le marathon:



Je tiens à vous présenter la personne à l'extrême droite de cette photo, avec le t-shirt gris. Il s'agit de Georges Trépanier, celui qui était surnommé le roi des Plaines. Je vous ai parlé de Georges dans mon billet sur l'année 1985, année où j'ai fait ma première saison de triathlon. Georges, triathlète accompli, m'avait influencé pour prendre part à des épreuves de triathlon. Georges faisait donc partie de ce voyage et nous avons eu beaucoup de plaisir avec ce bout-en-train.

Donc, cette année 1991 a été très intéressante après l'année antérieure qui en était une de transition où je revenais d'une blessure. Intéressante pour la découverte de nouveaux marathons aux États-Unis mais aussi parce qu'elle démontrait que je pouvais revenir en bonne forme après une année marquée par une blessure.

À suivre...



vendredi 22 avril 2011

Les années 90

Nous avons quitté, dans mon dernier billet, les années 80. Je vous ai décrit depuis le début février 2011 mes onze premières années de coureur sur route, mes premiers marathons, mes nombreuses courses sur route, mes expériences de coureur guide pour mon ami Jean Bouchard et mes meilleures performances à vie. Les années 90 seront aussi remplies de belles expériences aussi enrichissantes que dans les années 80. Je commencerai naturellement par l'année 1990 que je pourrais qualifier d'année de transition.

En effet, j'ai terminé mon billet précédant en vous racontant que j'ai été dans l'obligation d'arrêter de courir quelques mois à la fin de l'année 1989 à cause d'une sérieuse tendinite au tendon d'Achille droit. J'étais embarrassé par une inflammation importante à ce tendon depuis plusieurs mois déjà. Je me suis donc entrainé en natation et vélo stationnaire pour maintenir ma condition physique. Lorsque j'ai repris la course à pied au début mars 1990, j'y suis allé très progressivement. D'une part, je me suis aperçu que j'avais brûlé moins de calories durant l'hiver avec mon «cross-training» que je pouvais le faire par les bonnes semaines de kilométrage que je faisais habituellement en course à pied.  Mon poids s'est donc retrouvé à 150 lbs par rapport aux 140 lbs que la balance affichait dans les années 80. Cependant, vous verrez que ce changement de morphologie n'eut rien de dramatique. D'autre part, après trois mois d'entrainement «low impact», je devais réhabituer graduellement  la musculature de mes jambes aux impacts plus importants qu'il y a en course à pied.

J'ai donc repris l'entrainement graduellement au début mars avec l'arrivée du printemps. Ma première compétition n'eût lieu qu'en juin lors du 10km de la Descente royale à Beauport. Je ne fis qu'un chrono de 45:37 sur ce parcours rapide alors que l'objectif, dans les années antérieures, était toujours de faire en bas de 40 minutes, objectif que je réalisais d'ailleurs fréquemment.

Naturellement, l'objectif majeur de la saison était de faire le marathon de Montréal comme durant les années 80. Je repris donc l'entrainement en volume et  en intervalles avec le club La Foulée comme dans les années antérieures. Je m'étais planifié aussi une semaine de vacances à la fin juillet dans la région du Saguenay-Lac St-Jean où je me suis entrainé chaque matin dans des endroits différents. Le samedi terminant cette semaine, je pris part au marathon de Chicoutimi afin de me mettre en confiance sur la distance. Dans une chaleur et une humidité très importante, je fis ce marathon très à l'aise à un pace d'environ 6 minutes au kilomètre. Cette année-là, les organisateurs avaient décidé de tenir l'évènement en soirée. C'est la seule et unique fois où j'ai eu l'occasion de courir un marathon en soirée.

Et le mois de septembre arriva avec le marathon de Montréal. J'avais de nouveau promis à mon ami Jean Bouchard de le guider pour ce m:arathon. Et comme d'habitude Jeannot fit son tour d'honneur dans la dernière ligne droite du parcours complété en 3:30:20:





Chose certaine, j'étais revenu sur mon pace d'entrainement plus sérieux, ce qui signifiait que j'avais bien géré mon retour progressif à la course à pied depuis le mois de mars.

Pour terminer la saison, j'eus la chance de participer à un marathon magnifique aux États-Unis, soit le Cape Cod Marathon à Falmouth tenu le 28 octobre 1990. J'ai fait le voyage avec Denis Lévesque, un bon coureur vétéran du club La Foulée, et sa conjointe. J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir, durant le voyage vers Cape Cod, la beauté de cette région au mois d'octobre. Quant au marathon, le parcours comporte beaucoup de «rolling hills» ce qui est bon pour relaxer la musculature par rapport à un parcours plat. Au surplus, le décor est enchanteur pour les très beaux boisés que nous traversons et les portions le long de l'océan. Je vous présente une photographie prise peu après le départ où je suis en compagnie de Denis Lévesque, le petit coureur avec les gants jaunes:



Je complétai le parcours en un temps de 3:24:00, soit un pace de 7:47 au mille:



Je n'ai jamais refait cette course mais j'en garde un souvenir très ancré pour la beauté de cet endroit et le plaisir de ce voyage. De plus, la façon dont je terminais cette année 1990 me prouvait que j'étais revenu dans une très bonne forme, ce qui augurait bien pour l'année suivante.

À suivre...


vendredi 15 avril 2011

La fin des années 80

L'année 1988 aura été ma meilleure en ce qui a trait à mes performances comme coureur. Elle aura été l'aboutissement d'entrainements très intenses au sein du club La Foulée depuis 1983. Nous entendons souvent dire qu'un coureur de fond atteint son apogée vers la fin de la vingtaine s'il commence tôt à s'entrainer. C'est exactement ce qui m'est arrivé. J'ai débuté l'entrainement à l'âge de 19 ans et j'en avais 29 lors du marathon de Montréal en 1988.

L'année suivante,  je changerai de catégorie en juillet, passant de la catégorie sénior I ( 20-29 ans ) à celle de sénior II (30-39 ans ). Cependant, avant de changer de catégorie, j'aurai une petite surprise au mois de mars 1989. Après avoir réalisé un chrono de 59.58 sur 15 km à la traditionnelle course des Pichous en février, je me présentai à une autre compétition de 15 km le 25 mars à l'Islet-sur-Mer.

Le parcours était rapide et j'étais en excellente forme ce matin-là. Je suis parti rapidement et ai complété la course en 58:51, soit une minute plus rapidement qu'aux Pichous. À la remise des médailles, j'eus la très grande surprise d'apprendre que j'avais terminé deuxième de la catégorie sénior 1 (20-29 ans). Ce fût la seule fois de ma vie que je montai sur le podium d'une course en finissant dans les trois premiers de ma catégorie.


Mon année 1989 est reconstituée uniquement à partir de certificats de course que j'ai gardés vu que j'ai perdu les carnets d'entrainement de certaines années. Le livre de Laurent Bilodeau sur mon ami Jean Bouchard me rappelle aussi que j'ai guidé ce dernier à la Descente Royale sur 10km. Jeannot avait perdu un peu de vitesse ayant été guidé par André Jean en 1988 qui était un coureur de 50 minutes sur 10km. Je lui ferai quand même faire un temps respectable de 42.08 à la Descente Royale. Toujours au courant de l'été 1988,  Fernand Pichette et moi-même formerons une équipe de guides et permettrons à Jeannot de compléter le marathon de la Francophonie à Chicoutimi en 3 heures 24. Fernand et moi avions chacun guidé notre ami Jean pour un demi-marathon.

Le demi-marathon Phil Latulippe à Loretteville était une autre course d'importance sur le circuit de course à pied de la région de Québec. À chaque année, le club La Foulée faisait de cette course un objectif important dans la préparation au marathon de Montréal. Le 29 juillet, je complèterai de nouveau le parcours en bas d'une heure trente minutes.


Enfin, pour une cinquième fois dans les années 80, j'offirai ma collaboration à Jean Bouchard pour le marathon de Montréal. Donc, j'aurai participé neuf fois au marathon de Montréal dans les années 80 dont à cinq reprises comme coureur guide. Comme toujours, Jeannot était très heureux de prendre part à cette grande course comme vous pouvez le constater sur la photographie suivante prise à l'arrivée du marathon:



Nous complèterons ce marathon en 3:27:42, ce qui constituait une ballade par rapport à mon temps de l'année précédente (2:59:31):


Les années 80 se sont malheuresement conclues sur une mauvaise note en ce qui me concerne. Durant l'année 1989, j'ai été incommodé par une sérieuse tendinite au tendon d'Achille droit. L'inflammation sera tellement importante que je décidai d'arrêter la course à pied complétement du mois de décembre 1989 au mois de mars 1990. Je me contentai de faire uniquement de la natation. Mon poids plume de 140 livres grimpera pendant ces trois mois à 150 livres. Au début du mois de mars 1990, je recommencerai donc à courir mais avec un peu plus de livres à trainer.

À suivre...

vendredi 8 avril 2011

Mes meilleures performances à vie sur demi-marathon et marathon

Vous avez sûrement remarqué depuis deux semaines l'image de fond pour le titre de ce blog. Il s'agit d'une photo prise en 1988 au Marathon de Montréal. Je vous expliquerai un peu plus loin pourquoi elle est si importante pour moi.

Tout d'abord, l'année 1988 sera différente pour moi par rapport à l'année 1987 en ce qui a trait à deux éléments. Premièrement, je ne guiderai presque pas mon ami Jean Bouchard, coureur handicapé visuel. Au courant des années antérieures, plus particulièrement en 1986 et 1987, je me suis en quelque sorte sacrifié pour me mettre à son service. Entres autres, les marathons de Montréal 1986  ( 3:06:41) et 1987 ( 3:09:56 ) auraient être plus rapides pour ma part. Cependant, les services que je lui ai rendus comme coureur guide à Montréal lui auront permis de réaliser son meilleur temps à vie sur marathon en 1986. Il avait alors 49 ans et il n'abaissera jamais ce 3:06:41.

Jean en était bien conscient. D'ailleurs, je lui avais indiqué que j'aimerais bien en 1988 courir seul afin de voir de combien de minutes je pouvais abaisser ce 3:06:41. Je crois que je rêvais d'un marathon sous les 3 heures. Donc, Jeannot a accepté de me laissser compétionner seul en 1988. À part les championnats canadiens pour personnes handicapées visuelles à Vancouver où je guiderai Jean, c'est André Jean qui lui fera office de guide durant la saison 1988. André avait déjà guidé Jean à quelques reprises en 1986 et 1987. Il deviendra son seul et unique guide en 1988. Je passais donc le relais à un coureur d'une grande générosité, un homme aux grandes qualités, qui a accompagné Jeannot pour de très belles courses.

Le deuxième élément de changement pour cette saison 1988 est que je me suis concentré uniquement sur la course à pied. Je vous ai expliqué dans mon dernier billet pourquoi j'ai cessé la pratique du triathlon. Tout cet entrainement de gros volume en triathlon effectué au courant de la saison 1987 rapporterait-il des dividendes ?

Je m'enligne donc en début d'année 1988 pour un marathon de printemps en pensant à Ottawa et j'effectue la préparation nécessaire à cet effet. Cependant, quelques semaines avant le marathon de Boston, j'aurai une offre pour participer au marathon de Boston et je ne pourrai laisser passer l'occasion.

Je ferai donc le voyage avec des amis du club La Foulée et je participerai, pour une deuxième fois, à ce prestigieux marathon. Je pourrai profiter au maximum de l'ambiance survoltée régnant tout au long du parcours. Je bouclerai le parcours en 3:19:40. Je retrouve une note dans mon carnet d'entrainement à l'effet que j'ai fini très fort. Voici une photo de ma participation:



Il  s'agira de ma première compétition de l'année 1988, le club ayant manqué le voyage à Chicoutimi pour la course des Pichous en février vu qu'il y avait une tempête de neige cette journée là. Suite au marathon de Boston, je ferai deux compétitions de 10km avant de me présenter au Demi-marathon Phil Latulippe le 6 août 1988 bien entrainé et reposé. Mes longues sorties de 30 km au courant de l'été ont été faites sur des paces allant de 4:30/km à 4:20/km. Je sentais une forme que je n'avais jamais eue avant, le petit quelque chose de plus qui donne habituellement le meilleur résultat de nous-même. Tout le volume effectué durant mes trois saisons antérieures de triathlon donnera mon meilleur temps à vie sur demi-marathon, un «personnal best» qui tient encore à ce jour, soit 1:25:22:




La table sera donc mise pour le marathon de Montréal le 4 septembre 1988. Après avoir accompagné et guidé Jean Bouchard à Vancouver pour le championnat canadien du 25 août au 27 août, je reviens me reposer à Québec pour la semaine précédant le marathon. Le jour J, un fort taux d'humidité règne sur Montréal et les conditions sont très difficiles pour performer. Cependant, j'arrive à Montréal avec une confiance totale que je peux faire la performance de ma vie. Je pars donc sur des bases de 4:15/km, soit le pace nécessaire pour passer sous la barre des trois heures. Je suis extrêmement concentré. Me voici dans le costume du club La Foulée avec la petite casquette  au 13ième kilomètre:



Nous sommes toujours sur le pace de 4:15/km. L'autre coureur du club La Foulée ne tiendra pas le coup et disparaîtra rapidement. Le miracle se produit. Je tiens le coup et je suis bien. J'arrive au 29ième kilomètre:



Je suis toujours sur le pace de 4:15/km bon pour casser la barrière des 3 heures. Cependant, à ce rythme et à l'humidité qui règne cette journée là, les coureurs sont maintenant plus espacés. Je dois me concentrer d'une façon incroyable car mon corps me dit juste de diminuer un peu le rythme. Un grand coureur que j'ai déjà croisé sur les Plaines d'Abraham et qui faisait habituellement ses marathons en 2 heures 48 - 2 heures 50 arrive dans mon champ de vision. Il est à 4:15/km et il a diminué son rythme habituel. Je sais que si je m'accroche à lui, je terminerai sous les trois heures. Je m'entends avec lui et il me servira de locomotive dans les dix derniers kilomètres. Je maintiendrai le même pace jusqu'à la fin et dans les derniers mètres, je verrai le chrono de la ligne d'arrivée passer de 2:58:59 à 2:59:00. Je le revois encore aujourd'hui comme si c'était hier:




Je donne le dernier effort et je rentre en 2:59:31:




Je suis aux anges. J'avais réalisé ce que je désirais secrètement depuis quelques années lorsque j'admirais les meilleurs coureurs du club La Foulée à l'entrainement. Avec un talent limité mais à force de détermination, d'entrainement et d'amour de la course à pied, j'avais réussi à passer sous les trois heures sur la distance. Cette performance restera mon meilleur temps à vie sur marathon à ce jour et la seule fois où j'ai fait moins de trois heures.

Le mercredi suivant, à l'entrainement de groupe du club La Foulée sur les Plaines d'Abraham, j'ai su que personne du club n'avait performé à Montréal compte tenu du fort taux d'humidité. J'avais été le seul à le faire. Ce jour avait été pour moi ce moment unique où tout était en place pour la performance de ma vie. Malheureusement, le coach de notre club avec qui j'avais eu un différend l'année antérieure et qui savait très bien que j'avais été le seul à performer, dira devant tout le groupe que ceux qui avaient performé avaient eu de la chance. Je ressortirai de cet entrainement complètement abasourdi. Mes amis du club, eux aussi, n'en reviendront pas. Ce coach, qui avait été une référence pour moi pendant des années, deviendra, dans les années suivantes, une anti-référence. Je demeurerai encore au sein du club La Foulée pour une dizaine d'années mais uniquement pour les amis merveilleux que je m'étais faits au sein de ce groupe.

Je terminerai cette année 1988 par un deuxième voyage au marathon de New-York. Le voyage avait été organisé par Adrien Lachance, un excellent coureur vétéran du club La Foulée. Je vous présente quelques photographies:





Je terminerai ce marathon en 3:11:29, le meilleur temps du groupe La Foulée, me permettant même de dépasser Adrien Lachance et Roger Goulet qui avaient habituellement des meilleurs temps sur marathon que moi. Encore la preuve que c'était mon année. J'avais partagé la chambre d'André Jean et de Jean Bouchard qui avaient couru le marathon ensemble et André a pris cette photo après la course:


Je vous la présente car elle réflète toute la fierté et le bonheur que j'ai vécu durant cette année 1988. Car il y deux courses qui marquent à vie un marathonien: son premier marathon à vie et son meilleur temps à vie. Ce que j'ai fait à Montréal en 1988, jamais plus je ne le referai. Cependant, ce marathon restera gravé à jamais dans ma mémoire et dans mon coeur.

À suivre ...

vendredi 1 avril 2011

1987: ma dernière année de triathlon, l'année de mon meilleur 10km

La saison 1985 aura été celle où je me suis initié au triathlon tout en continuant mon entrainement de marathonien. En 1986, j'ai pris plus d'expérience sur le triathlon. L'année 1987, quant à elle, sera la dernière  où je pratiquerai ce sport et je vous expliquerai un peu plus loin la raison. En course à pied, cette saison se terminera par mon meilleur temps à vie sur 10km, chrono que je n'ai jamais abaissé à ce jour. C'est aussi durant l'année 1987 où je guiderai mon ami Jean Bouchard le plus de fois. Mais voyons comment l'année a commencé.

Après avoir guidé Jeannot au 10km du Carnaval (42:10) le 8 février 1987, nous nous rendons à Chicoutimi pour la traditionnelle course des Pichous. Comme je vous l'ai déjà expliqué, c'était un véritable pélerinage pour le club La Foulée car nous nolisions un autobus et la grande majorité des coureurs du club faisaient partie du voyage. J'agirai encore comme guide pour Jean Bouchard. Vous vous souvenez de cette photo qui apparait dans le livre de Laurent Bilodeau et que je vous ai déjà présentée ? C'est cette année-là qu'elle a été prise:


Nous avons alors parcouru les 15 km en 61:17. Au début de l'hiver 86-87, j'avais informé Jean qu'il existait une catégorie pour les coureurs handicapés visuels au marathon de Boston. Il va de soi que ce cher Jean était partant. Il l'était d'ailleurs toujours dès que je lui proposais quelque chose. J'ai donc écrit une lettre de présentation aux organisateurs et nous avons obtenu deux dossards, le mien étant à titre de coureur-guide naturellement. C'était une belle occasion pour moi de participer à ce marathon mythique car, à l'époque, le standard de ma catégorie (20-29 ans) était de 2:50:00, ce qui était hors de mon registre.

Jean et moi avons donc fait plusieurs entrainements ensemble au courant du mois de mars. Mon carnet d'entrainement pour le mois de mars 1987 révèle le kilométrage suivant: 107km (semaine du 1er mars), 118 km (semaine du 8 mars), 130km (semaine du 15 mars) et 110km (semaine du 22 mars). De quoi être prêt pour le marathon avec tout ce volume.

Ce premier marathon de Boston fût une expérience extraordinaire en ce qui nous concerne. Jean était aux anges. Il saluait presque continuellement les spectateurs qui nous encourageaient. Quant à moi, je n'avais aucun problème à manoeuvrer avec lui au travers du peleton compact de coureurs, ayant déjà vécu l'expérience de le guider au marathon de Montréal à quelques reprises dans les années antérieures à l'époque où plus ou moins 10 000 coureurs s'élançaient du pont Jacques- Cartier pour franchir les 42.2km. En 1986, nous avions réalisé ensemble un temps de 3:06:41 à Montréal. Le marathon de Boston est beaucoup plus difficile avec ses nombreuses côtes dans les sections critiques du parcours. Nous n'avons qu'à penser à la fameuse Heartbreak Hill. Nous ne mettrons que 10 minutes de plus qu'à Montréal pour compléter le parcours:



Comme vous pouvez le constater, Jeannot était très fier, cette année là de représenter le Canada au marathon de Boston dans la catégorie coureur handicapé visuel.

Dans la semaine suivant le marathon,  je sors mon vélo et je commence immédiatement à rouler en vue de mes triathlons de l'été. Mon volume se fera alors dans les trois sports (natation, vélo, course à pied), souvent avec des journées où j'irai rouler en vélo le matin avant d'aller travailler, nager sur l'heure du midi et courir en fin de journée. Je continue toujours l'entrainement de course à pied avec le club La Foulée afin de garder la préparation nécessaire pour le marathon. Et comme de raison, plusieurs courses sur route en mai, juin et juillet.

En effet, il y aura 2 compétions de 10km dont une comme guide, 2 de 15km dont une comme guide, le 20km du Maski-Courons comme guide, le 20km du Lac Nominingue comme guide où Jean et moi avons été invités toutes dépenses payées et le demi-marathon Phil-Latulippe où notre tandem réalisera un temps de 1:26:25 (1er août 1987). Voici d'ailleurs une photo de cette course:




Un autre évènement de course à pied un peu particulier mérite aussi d'être mentionné. La fin de semaine du 27 et 28 juin 1987, était organisé un ultra-marathon de 24 heures à Montmagny. Les spécialistes de la distance s'y étaient donné rendez-vous. Les organisateurs avaient aussi prévu un volet par équipe. J'avais donc formé une équipe de huit (8) coureurs du club La Foulée, chaque coureur devant faire 3 heures.

Le départ de cette course fût donné le samedi 27 juin à 18:00 heures. J'avais choisi le chiffre de nuit, soit de 3 heures à 6 heures. À la dernière minute, mon coureur de minuit à 3 heures a déclaré forfait. J'ai donc pris sur moi de faire un six heures, soit de minuit à 6 heures. Comme je n'avais aucun entrainement pour l'ultra-marathon,  je décidai de prendre un très petit rythme pour moi à l'époque, soit 6min./km. De façon très stable, j'ai gardé ce pace pendant 6 heures et j'ai franchi la distance de 60km, soit la plus grande distance que j'ai franchi comme coureur dans ma vie. Je me souviens encore comme si c'était hier du lever du soleil dans la dernière heure de mon six heures. Je vous présente une photo de groupe de mon équipe et de celle de l'Espoir qui comprenait des coureurs handicapés:


Le mois d'août sera consacré à trois triathlons, soit celui de Ste-Foy, celui de Shipshaw dans la région du Saguenay où j'agirai comme guide pour Jean en vélo tandem et en course à pied et enfin, mon objectif principal, le triathlon du Lac Beauport. C'est en 1987 que je réaliserai mon meilleur temps lors de cette difficile épreuve ( 2 heures 48 minutes ) entre autres, grâce à plusieurs entrainements en vélo avec le club de coureurs cyclistes Demers bicycles. J'ai fait avec ce club plusieurs grandes sorties où j'ai appris à rouler dans la roue. Ces garçons trouvaient que le triathlète ne donnait pas sa place. L'été 1987 aura été caractérisé par du très grand volume dans les trois sports.

Après ce triathlon, j'ai accompagné Jeannot pour le championnat canadien pour athlètes handicapés visuels à Brantford, Ontario. Nous avons voyagé en avion avec l'équipe du Québec. J'ai guidé Jean sur trois épreuves en trois jours:

27 août: 5000 mètres en 19:21;
28 août: 1500 mètres en 5:30;
29 août: 10km sur route en 40:21;

Au retour à Québec, il restait au programme en septembre le 10km de l'Université Laval et le marathon de Montréal. Comme j'avais déjà promis à Jean de le guider à Montréal, je lui ai signifié que je désirais me tester au 10km de l'Université Laval après tout ce volume d'entrainement effectué pour le triathlon et ces compétitions à titre de coureur-guide où je restais toujours un peu en dedans de mes capacités. J'ai donc trouvé un coureur assez rapide pour que Jeannot puisse effectuer un bon temps à la hauteur de ses capacités. Je me suis donc élançé seul sur le parcours du 10km de l'Université Laval ce matin du 13 septembre 1987 et voici le résultat:



Ce chrono de 37:45 restera mon meilleur temps à vie à ce jour sur la distance du 10km. Cette course restera donc gravée dans ma mémoire.

La saison 1987 se concluera avec le Marathon de Montréal, le 27 septembre, où Jean et moi avons enregistré un chrono de 3:09:56:


Bref, une année 1987 couronnée de succès où je me suis encore amélioré comme coureur. Certes, je le dois à ma détermination et à mon entrainement mais je le dois grandement à cet athlète exceptionnel qui m'a fait jeter bien des efforts à l'entrainement:


Cette photo a été prise en juillet 1987 lors d'une séance d'entrainement sur piste du Club La Foulée. Je trouve que c'est la plus belle de mon ami Jeannot et de moi-même. Cette journée-là, il faisait une chaleur suffocante. Tout l'esprit de la course à pied se retrouve dans cette photo: l'effort, la détermination, la camaraderie, le dépassement de soi.

Et pourquoi l'année 1987 fût ma dernière comme triathlète. La raison est simple: le manque de temps. Pour continuer à progresser dans cette discipline,  je devais investir beaucoup de temps surtout en vélo. J'avais eu du temps en 1985 et 1986 comme stagiaire et avocat au contentieux du ministère des transports du Québec.  Cependant, après quelques mois de chômage, j'ai ouvert progressivement mon cabinet d'avocat en 1987. Je devais donc choisir pour les années subséquentes  car mon choix de carrière était plus exigeant. J'ai décidé de garder uniquement la course à pied afin de me permettre d'avoir plus de temps pour ma pratique privée d'avocat.

À suivre.